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Etourdissement des animaux: Une question de Bien être ou de Cadence ?

Etourdissement des animaux: Une question de Bien être ou de Cadence ?

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Pourquoi les animaux sont-ils étourdis?

Assommer un animal consiste à lui faire perdre connaissance avant ou après la saignée à l’aide de différents procédés. Les textes officiels montrent que les animaux sont assommés pour des raisons économiques, de sécurité du personnel dans les abattoirs et pour le bien-être des animaux. Le plus souvent les partisans de la pratique de l’étourdissement (avant saignée) avancent que c’est la manière la plus humaine de mettre à mort un animal. Si ce raisonnement paraît intuitif, les travaux scientifiques menés sur la question de la souffrance animale ne permettent pas à l’heure actuelle de se prononcer catégoriquement. Ce qui est cependant indiscutable, c’est que l’étourdissement permet d’accroitre les cadences industrielles et donc les volumes de production et la rentabilité ; l’animal assommé étant immobilisé et le plus souvent déjà mort des suites de son étourdissement, la saignée s’effectue de manière plus rapide que pendant l’abattage rituel.

Quelles sont les différentes pratiques d’étourdissement des animaux ?

L’électronarcose

Utilisée pour les ovins, les volailles et les veaux, l’électronarcose est un procédé d’étourdissement qui consiste à administrer une décharge électrique à l’animal (le courant traverse le cerveau et/ou tout le corps de l’animal). Pour les veaux et ovins, la décharge électrique est administrée en posant une pince à deux électrodes sur leur tête (ou une sur leur corps et l’autre sur leur tête) alors que le procédé est pratiqué sur les volailles en leur plongeant la tête dans un bac d’eau électrifiée.

La mèche captive (ou pistolet)

Principalement utilisée pour étourdir les bovins, la mèche captive est un pistolet qui est soit muni d’une longue tige perforant la boite crânienne, soit d’une balle qui écrase le cerveau de l’animal.

L’assommage par gaz

Cette méthode peu utilisée en France consiste à étourdir les animaux (essentiellement les volailles et les porcs) en leur faisant inhaler du gaz (souvent des mélanges de CO2 et d’autres gaz).

Dans les abattoirs, beaucoup de bêtes meurent des suites de leur assommage – c’est le cas par exemple de la majorité des volailles étourdies par électronarcose ainsi que des bovins adultes. En milieu industriel, les cadences sont telles qu’il est en plus impossible de vérifier si les animaux sont vivants au moment de la saignée, ce qui est une condition sine qua non pour que la viande soit licite à la consommation.

De plus, en l’état actuel des recherches scientifiques sur la souffrance animale, il est impossible d’affirmer que l’assommage, qui est aussi pudiquement nommé « étourdissement », ne provoque pas en lui-même une très grande souffrance, d’autant plus que la pratique n’est pas toujours maitrisée par ceux qui l’appliquent dans les abattoirs. L’étourdissement pourrait donc constituer une sorte de double peine pour les animaux.

Comment peut-on affirmer que l’abattage rituel (sans étourdissement) est moins douloureux alors que de nombreuses associations de défense des animaux et scientifiques affirment l’inverse ?

Si certains scientifiques et organisations soutiennent effectivement que l’étourdissement est plus humain, d’autres scientifiques tels que les professeurs Joe Regenstein ou Temple Grandin ont mené des travaux qui démontrent que dans de bonnes conditions – en particulier si la lame est aiguisée de manière à ce que le sacrificateur n’ait besoin de la passer qu’une seule fois sur le cou de l’animal – l’abattage rituel est celui qui fait le moins souffrir les animaux. Les différents partis devraient simplement reconnaître qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de consensus scientifique sur ces questions. C’est d’autant plus vrai que plusieurs études mettent en avant la difficulté de mesurer la souffrance animale. Ce qui est interprété comme telle n’est parfois qu’une projection humaine d’un comportement de l’animal.

La science n’est de toute façon pas une vérité absolue, c’est une quête permanente de compréhension et de vérités : ce qui peut-être considéré comme une vérité scientifique aujourd’hui, pourrait être invalidé par d’autres recherches scientifiques demain. L’organisme AVS part d’un postulat religieux : lorsque Dieu commande ou permet un acte, nous le considérons comme un bien en soit, que ce commandement ou cette permission génère ou non de la souffrance. La chasse qui peut paraître cruelle à certains est bien autorisée en Islam. Oter la vie d’un être vivant restera toujours un acte violent, que l’animal soit étourdi ou pas, d’où la nécessité en Islam de prononcer avant la saignée la basmalah qui est une sorte d’autorisation implicite que l’on demande à Dieu pour prendre la vie d’un autre être vivant afin de renforcer la sienne. Et cette autorisation renvoie à d’autres questions éthiques : notre rapport à la nourriture et à l’environnement notamment.

 

SOURCE AVS

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